« La Corée a réussi, l’Afrique le peut aussi ! » Dr Peck Cho

Quand Dr. Peck Cho, professeur émérite de l’Université de Dongguk en Corée du Sud, commence son exposé sur « les TIC dans l’éducation : Bénédiction ou malédiction ? », il nous fait voyager dans le temps en revenant sur la situation désastreuse de la Corée dans les années 50, suite à l’occupation japonaise, « un des pays les plus pauvres au monde ». Ce contexte a été plus que surmonté, et ce, « en l’espace d’une seule génération ! » : le développement de la Corée s’appuie maintenant sur une économie florissante. 
Orateur captivant, Dr. Cho a souligné que la Corée, à cette époque, dans un consensus national, a tout misé sur l’éducation de ses enfants : 11000 écoles construites, 483000 enseignants recrutés, etc. Ce pays asiatique, le plus connecté au monde -14.2Mb/s en moyenne de vitesse de connexion internet-, continue à le faire en s’appuyant sur les TIC qui détiennent, avec l’omniprésence des smartphones, le potentiel d’enrichir de compétences n’importe qui, n’importe où, n’importe quand. « La preuve ! » ajoute-t-il en riant, « 40000 étudiants peuvent maintenant suivre mes cours durant une année, alors qu’avant, en 20 ans de professorat, je n’avais enseigné qu’à 4000 étudiants ! ». Pour lui, c’est clair : arrêtons d’investir dans les écoles traditionnelles, et concentrons-nous sur les TIC, cela ne coûte pas plus cher que de construire des établissements !
Mais le cœur de son discours se trouve ailleurs : Dr. Peck Cho est convaincu que l’utilisation des TIC avec la même compréhension de ce qu’est un apprentissage ne fera que renforcer, en quantité et en vitesse, une éducation qui se trompe d’enjeu. Il s’agit de développer un meilleur enseignement, plus intelligent : actif, interactif, intégrant et contextualisé. Bref, « se centrer sur l’apprentissge et non sur l’enseignement », pour laisser la place à la créativité et à toute la sphère émotionnelle des individus. Car, s’il est vrai que la Corée se place en tête du classement PISA de l’OCDE en maths, sciences et lecture, il est également vrai que ses élèves sont les moins heureux au monde, dans le même classement…
Ainsi, l’apprentissage par les TIC repose sur deux fondements : l’accessibilité au savoir et à l’information, et la connectivité entre enseignants et étudiants. Cela passera par une réforme de la formation des enseignants et une volonté politique forte.
Pour l’Afrique, la problématique est simple : « accepter le changement ou pas ! », s’exclamera-t-il. « Les Africains veulent-ils rester des consommateurs de TIC ou devenir des créateurs de TIC ?! », et pour souligner encore que le continent peut surmonter son handicap, aussi bien que la Corée l’a fait, il conclura avec une phrase emblématique de feu Nelson Mandela : « Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce que cela se réalise ».

 



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